Histoire de la Maison Close ou l’art de la prostitution chic…
mars 11, 2008 Chroniques Lovahmane, Perversions| La LovahGazette vous propose : |
« Le plus vieux métier du monde » comporte une multitude de références historiques. En effet, depuis l’Antiquité, prostituée et prostitution sont une réalité sociale.

Tour à tour tolérée ou réprimée, reconnue ou méprisée, cette activité a traversé les âges en s’exerçant sous diverses formes de l’Athènes de Solon jusqu’au claque parisien des années folles, en passant par la chaleureuse Maison Tellier de Maupassant et la prostituée sacrée de l’Inde…
Sommaire1.Bordel, maison close, lupanar : trois mots pour un même concept… |
La maison close du XIXe siècle « était un endroit chic de détente aussi ordinaire et naturel qu’un autre ». Partie intégrante de la vie sociale, les hommes d’affaires respectables ou les jeunes gens étudiants s’y rencontraient habituellement et sans se cacher.

À Paris, ils sont environ 200 établissements officiels, sous le contrôle de la police et des médecins, au milieu du siècle, mais seulement une soixantaine à la fin, par suite de la multiplication des bordels clandestins qui comptent alors 15 000 prostituées.
De 1870 à 1900 environ, 155 000 femmes sont officiellement déclarées comme prostituées, mais la police en arrêtera 725 000 autres pendant la même période pour prostitution clandestine. A tel point qu’en 1911, la police autorisait les « maisons de rendez-vous » où les prostituées ne vivent pas, mais où elles viennent seulement pour travailler.
À côté de ces maisons existent des brasseries qui sont des cafés à serveuses « montantes » : on en compte 115 à Paris dans les mêmes années. On trouve aussi les parfumeries, ou les instituts de bains et de massage où somnole une prostitution déguisée.

La police estime à 40 000 clients par jour la fréquentation des diverses maisons, ce qui équivaudrait à dire que le quart des hommes parisiens avait des relations avec les prostituées.
Pour les étrangers, les bordels parisiens ont aussi à cette époque la réputation de rivaliser entre eux pour offrir une spécialisation dans toutes les sortes de perversions que l’on pouvait imaginer. Ils sont en tout cas des lieux de plaisir et de raffinement érotique.
En janvier 1796, sous l’impulsion du Directoire, Napoléon fait établir le registre de la prostitution parisienne. En 1802, on établit la visite médicale obligatoire des prostituées pour endiguer l’épidémie de syphilis de l’époque.

Les filles de rue sont alors dites « en carte » et celle des maisons closes sont dites « à numéro ». Les « insoumises » sont punies. Cette position dure jusqu’en 1946, date à laquelle Marthe Richard fait fermer les 1 500 maisons closes françaises.
En 1975 le premier mouvement de prostituées voit le jour. Aux côtés de Grisélidis Réal, des milliers de prostituées s’opposèrent aux nouvelles lois répressives et à la réouverture des maisons closes.
Le deuxième mouvement de prostituées a lieu en 2002 afin de protester contre la loi pour la sécurité intérieure dite loi Sarkozy et son article L50 sur le racolage. Enfin depuis 2006 a lieu chaque année à Paris la “Pute Pride”, une marche de fierté des travailleuses du sexe.

De plus, le Musée de l’érotisme à Paris consacre à la «prostitution chic » de l’époque des maisons closes une exposition permanente comportant documents rares, photos et documents graphiques.
Cependant, le racolage dans la rue étant de plus en plus réprimé et dangereux, beaucoup de prostituées préfèrent nouer des contacts sur Internet…
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